mercredi 10 décembre 2008

La première version du Temps

Message précédent : A l'origine du temps

Donc le concours étant terminé je me retrouve aussitôt avec trente pages d'un roman, écrites à toute vitesse et retravaillées dans la foulée. J'ai la chance de pouvoir écrire facilement dans une langue point trop désagréable. Mais, visiblement, mon roman n'est pas à proprement parler un roman fantastique : point de monstres, de fantômes, vampires, zombies ou autres apparitions bizarres ordinaires du roman fantastique. Le temps est plutôt un thème de science-fiction. Ce n'est pas étonnant car je n'ai jamais été amateur de fantastique. C'est à peine si j'ai pu lire des nouvelles de Claude Seignolle, jadis. En revanche, la science-fiction m'a passionné dans les années 70. Elle convenait bien à mon esprit de rationaliste.


Je me souvenais du paradoxe temporel dans Le voyageur imprudent, de Barjavel, auteur que, comme la plupart des jeunes j'avais beaucoup aimé à la vingtaine, je connaissais les aventures de Valérian, agent spatio-temporel, bande dessiné de Pilote assez célèbre, j'avais souvenir d'un roman, dont le titre m'échappe dans lequel le monde avait été créé de toutes pièces à une date précise, avec tout son passé et, bien, sûr, de la Machine à remonter dans le temps, d'H. G. Wells, surtout par le merveilleux film tourné
dans les années 50, qui m'avait marqué lorsque je l'avais vu, adolescent.

Mais surtout, j'ai découvert au début des années 2000, à la merveilleuse librairie Tschann du boulevard du Montparnasse, un essai absolument extraordinaire : Soixante sujets de romans au goût du jour et de la nuit, de Sarane Alexandrian.

Ce livre est un ovni littéraire extraordinaire. Alexandrian, né en 1926, a fréquenté les surréalistes. Il est présenté comme historien d'art, critique, romancier, etc. mais ce jour-là, je tombe par hasard sur ce livre, en butinant dans les rayons. C'est exactement ce que le titre promet. Soixante romans imaginaires sont décrits, analysés, remis dans leur contexte, critiqués.
C'est une leçon magistrale. Je me plonge dedans, n'en ressors qu'après l'avoir lu et relu dans tous les sens, et mis de côté quelques idées. Parmi celles-ci, le roman surréaliste. Principe : avant le rêve, pendant le rêve, après le rêve. Alexandrian présente un roman surréaliste assez complexe, mais mentionne le célèbre Juliette, ou la clé des songes, de Georges Neveu : l'histoire d'un homme qui possède de la mémoire dans un pays où personne n'en a. C'est un rêve, ce qui permet de s'affranchir des contingences techniques. J'échappe donc à la science-fiction. comme je n'ai plus la contrainte du roman fantastique : l'irruption de l'irrationnel dans le quotidien, je suis libre. un petit remaniement du résumé et je reprends l'écriture. Au fur et à mesure de la rédaction, je le donne à lire à ma compagne qui l'annote. Un jour, elle trouve que cela devient répétitif, je précipite la fin et, rapidement, le roman se termine.

Un mois plus tard, le manuscrit est prêt, en premier jet relu. Je l'envoie à une amie qui m'en fera une première lecture véritable. Je le reprends après l'été. Il n'est pas épais mais maigrit encore.

J'ai été un peu vite. Je le trouvais si réussi que je l'ai aussitôt mis en page, relu et recorrigé, et imprimé. Il restait quelques fautes, qui figurent dans la toute première édition, réalisée sur beau papier, quelques exemplaires, pour offrir à Noël. Rapidement on me signale les coquilles,
que je corrige et j'en tire une petite cinquantaine.

Puis je passe à autre chose.




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